|
Le dossier Posada, détruit par le fils de Hector Pesquera Révélation du Washington Post Par Jean-Guy Allard, de Granma international
Dans un article intitulé Pourquoi le FBI me court après (Why the FBI Is Coming After Me), la reporter raconte que des agents du FBI se sont présentés à son domicile, en son absence, avec un ordre de cour, pour réviser les documents qu'elle possède sur le terroriste. Alertée, Bardach a avisé les enquêteurs de s'adresser aux avocats de son journal qui sont immédiatement intervenus. La reporter avait déjà révélé dans une entrevue avec Amy Goodman, à son émission radiophonique Democracy Now !, comment le dossier avait été soudainement jeté à la déchiqueteuse de documents «en 2003». Cette fois, elle publie des informations additionnelles où elle précise que la destruction du dossier qui réunit un nombre important de documents originaux, est survenu en août de cette année-là. La date est importante. Posada se trouve alors à Panama où le ministère public tente d'obtenir des autorités nord-américaines des documents qui certifiaient son passé criminel. Bien qu'elle se trouvait obligée de collaborer en ce sens avec la justice panaméenne, en vertu d'une entente signée entre les deux pays, l'ambassade des États-Unis à Panama n'a remis que des photocopies de rapports dé classifiés obsolètes sur l'affaire. Parmi les documents détruits à Miami se trouvait un fax que Posada avait transmis à des complices installés au Guatemala, en 1997, se plaignant de ce que les médias étasuniens étaient réticents à croire des rapports sur les attentats de La Havane que le terroriste dirigeait. «Je lui avais montré une copie de ce fax durant mes entrevues avec lui», révèle Bardach, rappelant sa rencontre avec Posada dans l'île caribéenne d'Aruba. «Le fax avait été intercepté par Antonio Álvarez, un homme d'affaires cubain exilé, qui partageait un espace de bureau avec Posada au Guatemala en 1997. Alarmé, Alvarez avait avisé des agents du bureau du FBI à Miami mais, comme ils n'agissaient pas, il s'est adressé au (New York) Times». Dans son fax, Posada exigeait de ses interlocuteurs «toute l'information sur (l'attentat contre) la discothèque de façon à confirmer cela». Il signait «Solo», un autre surnom du personnage. «Ed Pesquera, le fils d'Hector» Bardach rappelle à ses lecteurs comment —selon ses sources— Hector Pesquera, alors chef du bureau du FBI de Miami, montrait peu d'intérêt pour Posada. «Il aimait fréquenter les politiciens de la ligne dure de Miami et refusait à ses agents leurs demandes pour mettre sous écoutes téléphoniques Orlando Bosch, connu comme le parrain des groupes paramilitaires, et d'autres militants soupçonnés de réaliser des activités criminelles.» Selon des agents, révèle l'article du Washington Post, Pesquera a «clos les enquêtes» sur les terroristes cubano-américains en abandonnant son poste en décembre 2003. Hector Pesquera est ce même agent du FBI de Miami qui a provoqué, en septembre 1998, l'arrestation des Cinq agents antiterroristes cubains qui ont été ensuite faussement accusés d'espionnage et condamnés à de très longues sentences de prison après un procès que l'enquêteur complice de la mafia s'est chargé d'arranger. Bardach indique ensuite que Judy Orihuela, la porte-parole du FBI, lui a confirmé que «l'approbation de supprimer les preuves a été donnée par l'agent au dossier de Posada, Ed Pesquera, le fils d'Hector». Les fonctionnaires «politiques» décident Dans son article, la journaliste commente que «le FBI et le Département de la justice sont pleins de fonctionnaires consciencieux mais ce sont les cadres politiques qui prennent les décisions finales. Et pour eux, Posada peut être un homme qui en sait trop». D'autres détails «tordus» apparaissent dans ce dossier, confesse Bardach. «L'agent de liaison du Département de police de Miami-Dade avec le Task Force conjoint du FBI sur le terrorisme est un détective bien connu nommé Luis Crespo junior, fils de Luis Crespo — un des plus célèbres terroristes cubains — connu sous le nom de El Gancho (le crochet) à cause d'une main qu'il a perdu avec une bombe mal réglée». Il révèle ensuite que l'un des aides de Crespo est le détective Hector Alfonso dont le père est un autre terroriste anti-cubain appellé Hector Fabian. «Attaché au groupe de renseignement de la police de Miami, Alfonso a accès à l'information la plus sensible pour le défense du territoire, y compris sur les exilés cubains». Avant de violer la protection constitutionnelle de la presse, le gouvernement doit nettoyer sa propre demeure, conclut Bardach. «Un bon début serait de voir qui a ordonné le retrait des preuves contre Posada et pourquoi. Si on décide ensuite d'aller de l'avant, on pourrait explorer les 45 années d'archives accumulés par la CIA et le FBI qui relatent sa carrière paramilitaire. Et il y a une douzaine de collègues de Posada à Miami et au New Jersey qui savent beaucoup plus à ce sujet que moi, écrit la reporter. En plus de montrer que, bien qu'informé par Alvarez, le FBI n'a pas agi quand Posada dirigeait les attentats de La Havane et qu'il a saboté les tentatives légitimes de la justice du Panama de l'incriminer lui et ses complices, les révélations de Ann Louise Bardach, publiées par The Washington Post, confirment le lien direct entre l'affaire Posada et l'arrestation des Cinq. En poursuivant les Cubains infiltrés dans des groupes terroristes, Hector Pesquera donnait couverture et protection à ses amis de la mafia terroriste qui finançaient et orientaient Posada, tel que l'a confessé le terroriste lui-même et que le démontre les récentes déclarations de Antonio Toñin Llama. Plus que jamais, avec ces révélations de l'influent quotidien de Washington, est démontrée l'innocence des Cinq cubains emprisonnés aux États-Unis et dont un groupe de juristes de l'ONU a réclamé la libération. http://www.granma.cu/frances/2006/noviembre/lun13/revelacion-f.html |