|
Le gouvernement des Etats-Unis sera-t-il disposé à entreprendre un nouveau procès?
POUR Roberto Gonzalez Sehwerert, avocat collaborateur des juristes nord-américains chargés de la défense et frère de René Gonzalez, l'un des Cinq, cette sentence signifie un important triomphe dans la bataille pour le retour des patriotes injustement emprisonnés aux Etats-Unis, car le Tribunal (formé par trois juges) a reconnu unanimement que le climat de Miami avait été hostile et sans aucune objectivité, défavorable à l'impartialité qui doit primer dans un jugement, selon la loi nord-américaine.
L'annulation du jugement, a-t-il dit, entraîne la révocation des cinq sentences, ce qui fait que cette décision nous situe (selon la chronologie du procès) en mai 1999, précisément avant le choix des jurés. Nous serions pratiquement en train de commencer la bataille mais -assure-t-il- maintenant nous avons un avantage, c'est que la communauté internationale et de nombreux Nord-Américains savent que leur procès a été vicié, hors la loi, ce qui suppose un nouveau regard sur les événements.
Evidemment, il s'agit d'une décision d'une portée décisive, ajoute le juriste, car elle a répondu à la première requête formulée par la défense (tenir le procès hors de Miami) il y a très longtemps, et nous avons obtenu un verdict en notre faveur, ce qui veut dire logiquement en faveur de la justice et de la vérité.
Bien qu'il soit impossible de prévoir l'avenir, Roberto Gonzalez affirme que selon la loi des USA, le Ministère public a le droit de faire appel de cette décision auprès du 11e Circuit d'Atlanta, car il est évident qu'il a perdu la partie, mais -poursuit-il- le Ministère public n'a rien en sa faveur pour que l'appel porte ses fruits, car il est impossible d'alléguer une quelconque violation constitutionnel, et en outre la décision a fait l'unanimité des juges.
Seul le Tribunal est en droit d'examiner ou non cet appel. Nous espérons, ajoute le juriste cubain, qu'il ne le fera pas, mais il n'en reste pas moins qu'il s'agit d'une formalité légale incontournable, et nous ne devons pas l'oublier.
Si cet appel a lieu et est rejeté, un nouveau procès judiciaire aura lieu et nous verrons jusqu'à quel point le gouvernement nord-américain est décidé à l'entreprendre, car cela implique conduire cinq hommes devant un tribunal sans pouvoir prouver les délits dont on les accuse.
"Il reste à voir comment ils (le gouvernement des USA et la mafia de Miami) évaluent leur capacité à convaincre un autre jury hors de Miami, un jury qui pourrait voir les preuves sous un autre jour, sans peur et sans préjugés."
Au moment de notre rencontre avec Roberto Gonzalez arrivait chez lui, amené par la nouvelle, Andrés Gomez, coordinateur national de la Brigade de solidarité Antonio Maceo, des Etats-Unis, et combattant actif pour la libération des Cinq. Gomez nous a dit à propos de la décision du tribunal:
"C'est ce que nous voulions, même si nous pensions que cela n'arriverait pas, car il s'agit d'une affaire éminemment politique. Par chance le résultat est très favorable et reflète la résistance d'une partie de certains secteurs, y compris de la classe au pouvoir, aux violations sans frein par l'administration Bush des droits humains fondamentaux des Cinq et de toutes les personnes emprisonnées dans les camps de détention que les Etats-Unis possèdent aujourd'hui à travers le monde, en particulier dans la base navale de Guantanamo.
"Cette résistance est significative et montre que même des secteurs influents ont compris que ce gouvernement se sert de son autorité pour violer de façon flagrante les droits humains de milliers de personnes dans le monde, et qu'à un moment ou l'autre même ceux qui aux Etats-Unis se croient à l'abri de ce manque de garanties peuvent être victimes de ce comportement."
Source: http://www.granma.cu

|