|
Le XIXe Congrès de la centrale syndicale cubaine (suite) Erwin Carpentier Le XIXe congrès de la CTC s'est achevé. Les plus de 3 millions affiliés syndicaux cubains y furent représentés par quelques 1457 délégués, en la compagnie traditionnelle de plusieurs responsables du parti et du gouvernement. Pour la première fois depuis 1959 Fidel Castro ne pouvait pas assister, à cause de son état de santé. Son frère Raoul Castro a prononcé un discours à la session de clôture, dans ses qualités de deuxième secrétaire du Comité central du Parti communiste cubain et ministre de la Défense. La CTC a également élu un nouveau Conseil national, qui a, à son tour, élu le secrétariat, un nouveau second secrétaire, Reynaldo Valdez Grillo, ainsi qu'un nouveau secrétaire général, Salvador Valdés Mesa. Le congrès créait neuf commissions, qui traitaient des thèmes divers comme le fonctionnement syndical et les statuts, l'économie, l'écolage et la formation, la culture, le travail international, le rôle des jeunes et des femmes, etc. En 1985, à peine 16,5% des cadres étaient des femmes, alors qu'à présent elles constituent déjà presque 59% des cadres professionnels. Les discours (lire sur le site www.trabajadores.cubaweb.cu) révèlent des critiques virulentes des propres erreurs, des défauts et de l'incapacité entre autres de combattre la corruption, les délits économiques, la mauvaise gestion et le manque de discipline, phénomènes qui ont surtout surgi pendant les années de crise. Pedro Ross Leal en a parlé lors de son discours d'inauguration, en qualifiant cela comme danger mortel pour la survie de la révolution. Il disait aussi que la croissance économique ne pouvait pas être directement convertie en augmentation du niveau de vie puisque les nouvelles recettes devaient avant tout se diriger aux investissements afin d'améliorer la production, les services et l'infrastructure. Ce congrès a également pris congé de Pedro Ross. Après avoir dirigé la CTC pendant dix-sept années, il demandait, fin janvier 2006, de pouvoir assumer une autre tâche, et il proposait entre autres Salvador Valdés Mesa comme successeur éventuel. Ce dernier possédait déjà une riche expérience de direction de la CTC. En 1995 on lui demandait de changer son poste de deuxième secrétaire pour celui de ministre du Travail et de la Sécurité sociale. En 1999, il fut nommé premier secrétaire du parti dans la province de Camagüey. Le XIXe congrès investissait Salvador Valdés Mesa comme nouveau secrétaire général. Lui aussi soulignait la responsabilité particulière du syndicat dans la lutte contre les erreurs et les délits économiques, et qu'il faudra redoubler les efforts pour le redressement économique. Il évoquait aussi un changement du style et des méthodes de travail syndicaux. « Notre mission majeure , » dit-il « est de convaincre les travailleurs de leur rôle historique dans la construction de la nouvelle société, du fait que ce sont eux les propriétaires des moyens de production, et qu'ils constituent la force la plus combative, organisée et révolutionnaire capable de réaliser l'édification socialiste. » Dans sa résolution finale, la CTC appelle à se battre contre le blocus, d'empêcher toutes les tentatives de Bush de renverser la révolution, de ne pas rendre les lieux de travail et les rues aux mains des traitres de la patrie et des mercenaires de Bush, et de continuer le combat pour la libération des Cinq. |