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La position de l’UE vis-à-vis de Cuba : Arrogance européenne dans le sillage des USA.
Katrien Demuynck
Immixtion active des Usa dans la politique européenne.
Les Usa ont été au niveau européen très actifs diplomatiquement ces derniers mois. Cela n’est pas par hasard. Le 18 juin 2007, L’UE allait inscrire à l’ordre du jour de la réunion du conseil des ministres de l’UE, la réévaluation de la ‘Position commune’ vis-à-vis de Cuba. La ‘Position commune’ est un document dans lequel l’UE décrit ses conditions pour normaliser les relations avec Cuba.
Les USA ont entrepris une véritable offensive vis-à-vis des pays de l’union européenne. Pour cela des gouvernements d’extrême droite des pays de l’ex bloc communiste tels que la Tchéquie et la Pologne ont été utilisés comme troupes de choc. Dans ce but cadra, le 7 juin 2007 à Bruxelles, les «activités» dissidentes de la représentation tchèque pour l’union européenne.
L’objectif poursuivit par les USA était que la ‘Position commune’ de l’Union européenne soit maintenue à tout prix. De plus, les USA ambitionnaient d’entraîner de plus en plus de pays dans leur stratégie d’isoler Cuba sur le terrain international.
Visites à répétition
Plusieurs pays européens ont reçus la visite de Kirsten Madison la vice-ministre des affaires étrangères des USA.
Peu de temps après, débarquait Caleb Mc Carry, le ‘coordinateur pour la transition à Cuba’. L’homme a été nommé en juin 2005 par la ministre des affaires étrangères des USA Condoleezza Rice. La tâche principale de Caleb Mc Carry est de réaliser à Cuba le changement du régime politique tel que décrit par les USA. Apparemment, aucun pays européen ne s’est posé des questions sur le degré démocratique du fonctionnaire Caleb Mc Carry. Celui-ci a également été reçu au ministère belge des affaires étrangères.
Mais malgré tous les moyens mis en œuvre pour infléchir les gouvernements visités, les USA n’ont pas obtenu tous les résultats escomptés. Dans presque chaque pays visité par Mc Carry, les citoyens ne se laissèrent pas intimider, ils manifestèrent. En Irlande, pendant une conférence qu’il donnait à l’université de Dublin, Mc Carry a même dû être évacué sous la protection de la police.
Puis, peu avant le sommet européen 2007, Condoleezza Rice ministre des affaires étrangères des USA visita l’Espagne. Car cela n’avait pas plu aux USA que Moratinos, ministre espagnol des affaires étrangères brise l’embargo imposé à Cuba.
Un embargo par lequel depuis 2003 il est exigé qu’aucun membre de gouvernement européen ne visite officiellement Cuba. Pire, Moratinos ne trouva pas nécessaire d’aller rendre visite aux soi-disant dissidents mais bien aux autorités cubaines.
Condoleezza Rice critiqua ouvertement Moratinos. Ce qui représente un bel exemple d’intervention dans la politique nationale d’un pays souverain.
Et enfin Bush, à la même période, entreprit une tournée dans l’Europe de l’Est.
Dans chaque pays visité par Bush, Cuba se trouvait en bonne place dans l’ordre du jour. En Tchéquie Bush discuta en tête à tête avec les deux fer de lance de la politique états-uniennes, l’ex-président espagnol Aznar qui en 1996 fut à la base de la ‘Position commune’ et l‘ex-dissident et ’ex-président de la Tchéquie Vaclav Havel.
Ce n’est par hasard que le brouillon de la ‘Position commune’ présenté ensuite par Aznar est une, presque parfaite, copie d’une première version made in USA. Pour le démonter le journal ‘El País’ a placé sur sa première page la version américaine de la ‘Position commune’ à côté de la version définitive de l’Union Européenne.
Une invitation au dialogue ?
Après toutes les pressions a laquelle l’Union Européenne a été soumise, le résultat était prévisible. L’UE invitera une délégation officielle Cubaine à Bruxelles pour discuter des droits de l’homme et de la politique cubaine. L’UE a pris bonne note de la ‘nouvelle situation’ qui prévaut à Cuba suite au retrait temporaire de Fidel Castro.
L’UE demande au gouvernement cubain de mettre en place des réformes politiques et économiques afin d’améliorer le train de vie des cubains. L’UE critique la situation des droits de l’homme sur l’île. La libération des soi-disant ‘prisonniers politique’ est exigée. Est exigée également : la liberté d’expression et d’information.
Plus loin, l’UE souligne qu’ils ne travailleront qu’avec ceux dans la société civile qui se battent pour les ‘droits de l’homme‘. Pour cela ils mettront en place une aide au développement.
A côté de l’’intense dialogue’ qu’ils maintiennent avec la société civile et avec l’opposition, l’UE est prêt à réengager un dialogue avec le gouvernement Cubain, dialogue dans lequel ils mettrons explicitement en avant les points de vue de l’Europe sur la démocratie, les droits de l’homme, et la liberté fondamentale.
Il est évident que pour l’UE le terme ‘société civile’ ne s’adresse pas aux plus de 2000 associations et groupements, regroupant les organisations professionnelles, les organisations de femmes et les organisation d’étudiant, les cercles pour intellectuels et artistes, etc. que comptent Cuba.
Bien au contraire, pour l’UE, le terme ‘société civile’ regroupe un petit nombre de soi-disant dissidents. Ce n’est un secret pour personne que ces dissidents cubains sont financés par les Usa, cette puissance nuisible qui depuis maintenant 47 ans maintiennent un blocus, organisent des attentats meurtriers et menacent Cuba d’invasion militaire.
La réponse de Cuba.
Il va de soit que Cuba n’accepte pas les conditions posée par l’UE.
Depuis des lustres le gouvernement cubain dit qu’elle n’entreprendra des pourparlers avec l’Union Européenne que sur base d’un respect mutuel. Ce qui est impossible tant que la ‘Position commune’ et les sanctions imposées en 2003 restent d’actualité.
De plus, précise le gouvernement cubain «L’UE n’a aucun droit moral de juger Cuba».
Pourquoi est-ce que l’UE ne parle pas des tortures pratiquées sur la base États-unienne de Guantanamo, se demande Cuba? Pourquoi l’UE ignore ce qui se passe dans son propre jardin ? Pour quelles raisons se tait-elle sur les tortures, alors qu’il est confirmé qu’elle a accordé sa coopération aux vols secrets de prisonniers de la CIA dans l’Union Européenne. Et pour finir, pourquoi se tait-elle sur le blocus injuste imposé par les USA à Cuba ?
Conclusion : L’union Européenne suit servilement le ‘plan Bush’ pour Cuba.
Selon Cuba c’est l’UE qui doit changer sa position. La réponse conclut : «Pas de précipitations, nous avons tout notre temps».
La Belgique fait un virage à 180 degrés.
Malgré que le ministère des affaires étrangères continue d’affirmer qu’il n’y a rien de changé dans sa politique vis-à-vis de Cuba, la Belgique à vraisemblablement fait un virage de 180 degrés, ce qui est confirmé puisque pas un seul porte-parole du ministre n’a nié les nombreux articles parus dans les médias au sujet de cette nouvelle politique.
Traditionnellement la Belgique défend au sein de l’UE une position déférente vis-à-vis de Cuba. Maintenant, ensemble avec la Grande-Bretagne, la Pologne et le Tchéquie, elle est devenue une porteuse d’eau des idées des USA. La Belgique est en belle compagnie, n’est ce pas …
Pourquoi ce changement de position? Est-ce que la Belgique est tombé sous le charme de Mc Carry ? Est-ce que De Gucht a eu une conversation téléphonique privée avec Condoleezza Rice? Ce qui est certain, c’est que suite à cela, aussi bien l’Espagne que l’Allemagne ont du revoir leur plan sur l’enlèvement de la ‘Position commune ’ et de la suppression des sanctions.
Ce même 18 juin, le jour ou l’Union Européenne reconfirma sa politique vis-à-vis de Cuba, le Conseil des Droits de l’homme des Nations Unies décida de supprimer la fonction de ‘Contrôleur spécial pour Cuba du haut Commissariat des Droits de l’homme’. Par cette décision, le Conseil des Droits de l’homme reconnaît qu’il n’y a aucune raison de soupçonner Cuba de violation des droits de l’homme, ce que l’existence de ce ‘Contrôleur spécial pour Cuba’ tentait de légitimer.
Il est cynique que la Belgique joue en ce même moment le jeu des USA et qu’elle rentre dans cette fausse discussion autour des droits de l’homme, qui sert de prétexte pour remettre en question la souveraineté de Cuba.
Trad. Marc Lemaire

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