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Les liens viscéraux entre terroristes, mercenaires et autorités des USA

Accusations de la Table ronde auprès de l'opinion publique, à travers la présentation de preuves accablantes

ALBERTO NUNEZ et PEDRO DE LA HOZ

LA connexion entre la Fondation Rescate Juridico, inscrite au Registre des Sociétés de l'État de la Floride, une célèbre meneuse contre-révolutionnaire et le chef et autres fonctionnaires du Bureau des intérêts des Etats-Unis à La Havane, a mis en évidence les liens viscéraux existant entre les éléments terroristes réfugiés à Miami, les mercenaires pro-annexionnistes résidant dans l'île et les autorités du gouvernement des USA.

De telles relations profondes, destinées à exécuter l'obsession impériale de détruire la nation cubaine, ont été dénoncées auprès de l'opinion publique, à travers la présentation de preuves accablantes, par les invités qui sont intervenus ce lundi lors de la Table ronde de la radio et de la télévision, conduite par son modérateur, le journaliste Randy Alonso Falcon.

Le fil conducteur du complot infamant est apparu au grand jour lors d'une intervention, devant la presse étrangère, de Marta Beatriz Roque Cabello, connue pour ses activités subversives au service des autorités des USA, où elle a remerciait les diverses organisations nord-américaines pour leur soutien.

Parmi celles-ci un organisme, jusqu'ici peu cité dans de telles affaires, a attiré l'attention : la Fondation Rescate Juridico. Une enquête journalistique rendue publique par Lazaro Barredo Medina, directeur de Granma, a révélé que Rescate Juridico Inc. figurait au Registre des Sociétés du Département de l'État de la Floride comme « organisation sans but lucratif ». A la tête de celle-ci, Santiago Alvarez Fernandez Magriñat.

Un fait significatif, sa date d'inscription : le 24 juin 2005. Un mois après la détention de Luis Posada Carriles sur le territoire nord-américain, et un mois et demi après que Fidel ait accusé Alvarez Fernandez Magriñat d'avoir introduit subrepticement l'auteur du crime de la Barbade aux USA à bord du bateau Santrina inscrit à une autre de ses fondations, intitulée Caribe.

Une autre précision : le document d'inscription de Rescate Juridico Inc. Certifie qu'une partie substantielle de ses fonds proviennent de contributions gouvernementales.

Barredo a rappelé comment l'utilisation d'agences, de fondations, de sociétés et d'entreprises comme façades pour la canalisation de ressources destinées à la subversion, a été une pratique constante de l'activité contre-révolutionnaire.

Exemples de ce procédé : le rôle joué par la USAID (Agence des Etats-Unis pour le développement international) et la NED (Fondation nationale pour la démocratie), qui entre 1993 et 1999 ont réalisé, respectivement, plus de 300 et 60 opérations de financement à des groupes et des projets anti-cubains.

DES PREUVES LÉGALES D'UNE RELATION SORDIDE

Dans un entretien accordé spécialement à la Table ronde, le colonel Adalberto Rabeiro, chef du Département du ministère des Enquêtes criminelles et des opérations au ministère de l'Intérieur, a rendu publics des détails sur les enquêtes qui ont établi de manière sans équivoque le lien entre Rescate Juridico et la citoyenne Marta Beatriz Roque Cabello et la médiation des diplomates nord-américains accrédités à La Havane, dirigés par le chef du Bureau des intérêts (SINA), Michael Parmly, qui de fait s'est transformé en une vulgaire « mule » (terme qui qualifie ceux qui transportent de l'argent entre les USA et Cuba).

Après avoir appris de diverses façons, y compris les déclarations publiques de Roque Cabello, la façon dont la Fondation d'Alvarez Fernandez Magriñat était entrée en contact avec la fidèle servante de la SINA, et devant la gravité de l'affaire, le MININT a décidé d'entreprendre un processus d'enquête destiné à vérifier rigoureusement le caractère et la nature de cette connexion.

Le plan de mesures a obéi à la nécessité de documenter légalement les détails d'une activité dangereuse au dernier degré, qui attente contre la sécurité nationale, l'ordre intérieur et la stabilité de la société cubaine, du fait de l'implication d'un individu tel que Alvarez Fernandez Magriñat, un terroriste notoire arrêté et jugé par les autorités nord-américaines elles-mêmes.

Dans le dossier de ce terroriste, répertorié comme individu dangereux par INTERPOL, figurent des faits criminels comme sa relation avec le groupe qui a organisé l'attentat contre Fidel qui devait avoir lieu dans l'amphithéâtre de l'Université de Panama en 2000 et la préparation, le financement et l'introduction d'une équipe de terroristes dans le Nord de la province de Villa Clara dont la mission consistait à commettre des actions de sabotage contre des installations touristiques cubaines qui impliquaient un nombre énorme de victimes humaines.

Les enquêtes ont démontré la véracité absolue des liens existant entre Alvarez Fernandez Magriñat et Marta Beatriz Roque, consistant dans la distribution fréquente et régulière d'argent, et la participation du personnel diplomatique de la SINA, y compris son chef, comme émissaires de ces transactions.

Du point de vue de l'expertise, des preuves ont été rassemblées comme les messages par le biais du courrier électronique entre la chef de file contre-révolutionnaire et le terroriste, obtenues à travers l'expertise criminologique légiste informatique, les témoignages visuelles de la présence fréquente de celle-ci dans le cybercafé de l'hôtel Comodoro, d'où elle établissait des contacts avec son bailleur de fonds, et le relevé des empreintes digitales, un ensemble de preuves irréfutables de l'identité de Roque Cabello comme l'auteur de ces actions et du contenu de ces communications, et de l'implication de la SINA.

La pertinence légale de l'enquête a été aussi démontrée. Toujours ouverte, elle s'appuie sur la législation cubaine en vigueur mais aussi sur les accords internationaux de lutte contre le terrorisme dont notre État est signataire.

CIA, POSADA, ALVAREZ: COLLUSION PERVERSE

Le peuple cubain a tremblé de colère il y a déjà un certain temps lorsqu'il a entendu Alvarez Fernandez Magriñat ordonner de vive voix à un de ses agents infiltrés en avril 2001 de dynamiter le cabaret Tropicana. « Deux petites boites (d'explosifs) et c'est fini ! », lançait alors le terroriste avec l'insensibilité typique de ce genre d'énergumènes. L'enregistrement a été rediffusé à cette Table ronde, pour illustrer les déclarations du Dr Manuel Hevia, directeur du Centre de recherches historiques de la Sécurité de l'Etat, qui traçait le profil du « bienfaiteur » de Posada Carriles.

S'inspirant de l'exemple de son grand-père, le sicaire qui exécuta traîtreusement Julio Antonio Mella à Mexico, en 1929, et de son père, un sbire de la tyrannie de Batista, fondateur du groupe terroriste Commandos L, créé par la CIA, Alvarez Fernandez Magriñat a été recruté parla CIA au début des années 60 et est intervenu dans plusieurs actes de subversion contre l'île. Il se flatte en particulier d'avoir participé à l'un des plus odieux : le mitraillage du village de Boca de Sama, sur la côte nord de l'Oriente cubain, le 12 octobre 1971 : deux adolescentes furent alors blessées et l'une d'elles dut subir l'amputation d'une jambe. C'est de cette époque que date sa relation avec Posada, que le temps et les exactions ont resserrée.

Il réapparaît sur la scène floridienne au milieu des années 90. Bien qu'ayant trempé dans les préparatifs, il n'a pas participé directement à l'attentat du Panama, mais il a servi de parrain à l'équipe de terroristes après leur arrestation. De nombreux témoignages audiovisuels établissent qu'il leur rendait visite assidûment en prison. C'est à peine s'il a dissimulé pour exercer des pressions et un chantage auprès d'autorités panaméennes déterminées pour faciliter la fuite des prisonniers et obtenir finalement la grâce présidentielle de Mireya Moscoso, une opération qui aurait coûté non moins de quatre millions de dollars.

On le sait : Alvarez Fernandez Magriñat conduisit Posada aux Etats-Unis et fit des pieds et des mains pour qu'il soit exonéré des chefs d'accusation administratifs et judiciaires, déjà pratiquement vidés de leur contenu réel.

Le FBI a opéré contre cet individu en 2006, et le Ministère public a retenu contre lui six chefs d'accusation pour détention illégale d'armes, d'explosifs et de matériel de guerre en quantités imposantes. Au moment de sa détention, il a poussé le cynisme jusqu'à déclarer devant les caméras de télévision : « Je fais confiance à la justice de ce pays. » Et il avait raison : entre les allées et venues effectuées dans les méandres du système judiciaire qui, en Floride, obéit aux intérêts des sphères les plus élevées du pouvoir de la nation, et les manœuvres de la mafia anticubaine, le terroriste échappa à la sanction prévue par la fameuse Loi patriotique et ne se vit infliger que 16 mois de détention. Jugé ultérieurement pour obstruction à la justice dans la procédure entamée contre Posada Carriles, il s'en tira avec dix mois, deux ans de liberté surveillée et une amende dérisoire de deux mille dollars.

Pendant ce temps, le prisonnier Alvarez Fernandez Magriñat inventait (ou d'autres inventaient pour lui) Rescate Juridico et sa perverse connexion avec Roque Cabello et la SINA.

VIOLATIONS MANIFESTE

Reinaldo Taladrid a signalé que bon nombre des armes saisies chez Santiago Alvarez Fernandez Magriñat, dont des mitraillettes AK qui devaient servir à assassiner le chef de l'Etat cubain, avaient été achetées sur une foire de Miami, et rien moins qu'au stand de la police.

Notre gouvernement, avec toute la raison du monde, a ouvert une enquête sous couvert de trois dispositions légales : la Loi de procédure pénale de Cuba, le Décret 199 sur la sécurité informatique et les conventions existant contre le terrorisme, dont nous sommes signataires.

Taladrid a cité quelques articles de ces documents qui établissent clairement que quiconque favorise la remise ou la vente d'armes en sachant qu'elles serviront à commettre des actes criminels, à porter atteinte à des personnes ou à intimider des populations commet un délit qualifié.

En même temps, a-t-il signalé, chaque Etat a le droit de prendre les mesures nécessaires pour s'assurer que de tels actes terroristes ne pourraient ni se justifier ni être exécutés, en aucune circonstance.

Mais les autorités nord-américaines agissent tout autrement : elles refusent de prendre en compte les normes légales sous le prétexte de la lutte contre le terrorisme.

DE L'ARGENT, TOUJOURS DE L'ARGENT

Taladrid a ensuite exposé les échanges de courriers électroniques entre Marta Beatriz Roque Cabello et Mayra Cardin, résidant en Floride et membre de la Junte patriotique cubaine, près proche de l'assassin notoire Luis Posada Carriles.

Mon, 28 Aug 2006 21 :07 :25 +0200 (CEST)

De : " Marta Beatriz Roque Cabello " <mbrc 17 @yahoo.es>

Sujet: RE: DOMINGO, RESULTADOS.

Pour: "Juan Carlos Fuentes" <flaviomaryjuancyahoocom>

Juan Carlos,

Typique de Miami : beaucoup de bruit, mais pas d'orchestre. Du blabla à gogo, mais pas trace de sous. Ils ont bien dit qu'ils m'enverraient la somme tous les mois, mais il me semble que c'était de la frime. Toi, tu fais comme si de rien n'était. Quand ils iront te voir et qu'ils te demanderont si j'ai besoin de quelque chose, tu leur dis que selon la nouvelle que j'ai reçue ce devait être mensuel et que je voudrais aussi entrer en contact avec eux, et que je les remercie beaucoup. Pour ça et pour tout le reste.

Mon, 6 Nov 2006 20 :37 :00 +0100 (CET)

De : " Martha Beatriz Roque Cabello " mbrc17@yahoo.es Añadir a Libreta de direcciones

Sujet: RE: Salut du début de la semaine

Pour: "Machado Carmen" <Carmen.Machado@HCAhealthcare.com>

Salut Martha Beatriz. J'ai vu Juanca ce samedi pour la mensualité. Je t'ai envoyé comme convenu : $ 1500 pour toi, 300 pour Elsa, et 300 pour la veuve d'Arcos. Je voudrais aussi savoir si tu as reçu ce que nous t'avions envoyé avec M… Bien, je te laisse parce que je sais que tu n'as pas beaucoup de temps devant toi. Je t'embrasse.

Carmen

Tous ces messages ont un point commun : l'employée de l'Empire qui prête ses services à Cuba demande de l'argent, et ses supérieurs lui promettent une sorte de salaire fixe de 1 500 dollars, accompagné de l'aide matérielle pour mettre en œuvre des actes de subversion sur notre territoire.

Marta Beatriz adresse ses remerciements et sa requête de fonds supplémentaires à son neveu par alliance Juan Carlos Fuentes Amaya (époux de Maria de los Angeles Falcon Cabello, sa nièce) ainsi qu'à Carmen Machado, coordonnatrice financière d'une institution médicale de Miami qui, de toute évidence, s'occupe moins de problèmes de santé que de l'approvisionnement financier du terrorisme.

Il est prouvé que cette personne conjugue avec ces sinistres responsabilités le statut de proche collaboratrice et amante de Santiago Alvarez Fernandez Magriñat.

On a appris pendant cette Table ronde que dans un des courriers dont l'expéditeur est Juan Carlos Fuentes, celui-ci, exécutant de toute évidence des ordres, demande à Marta Beatriz de lui confirmer qu'il faut faire en sorte que le Prix Nobel de la Paix soit décerné aux « dames en blanc ».

A partir de ce message, daté du 10 février 2007, on passe à un langage plus ou moins codé. Par exemple, Santiago de vient « l'ami » ; pour désigner les sommes d'argent, on utilise d'autres mots.

A cette même étape, un autre personnage féminin se joint à la conspiration informatique : Maria Teresa Cué, secrétaire personnelle d'Alvarez Fernandez Magriñat.

Pour montrer le niveau d'impunité dont jouissent les agressions successives lancées depuis les Etats-Unis contre notre pays, les participants à la Table ronde se posent la question : comment une personne qui purge une peine de prison pour détention illégale d'armes et participation prouvée à des actes criminels (même si les autorités nord-américaines refusent de le reconnaître) peut-elle manœuvrer librement et décider des versements au profit de ses salariés à Cuba.

Dénouant l'écheveau des courriers électroniques, Lazaro Barredo a souligné que la participation du Bureau des intérêts des Etats-Unis à La Havane (SINA) était indiscutable, de même que les liens de Marta Beatriz avec les terroristes et l'argent en tant que mobile permanent de chacune des actions subversives prévues.

Un des messages révèle, même si le langage est légèrement codé, l'aide inestimable de Michael Parmly, chef de la SINA, qui se trouve justement aux Etats-Unis pour recueillir des fonds destinés à ses agents à Cuba.

La contribution de cet homme à la contre-révolution inclut l'ouverture des portes du Bureau des intérêts aux apatrides pour qu'ils aient tout loisir d'y rédiger leurs messages.

Barredo a ajouté que le FBI a refusé de contrôler la correspondance et les relations personnelles d'Alvarez Fernandez Magriñat en prison, bien qu'il soit évident que la peine qu'il purge est liée à des actes de violence.

Machado Carmen Carmen.Machado@HCAhealthcare.com>a écrit:

Martucha,

L'Ami a déjà donné des instructions pour l'aide, sans compter celle de toujours, il voulait savoir combien d'argent tu avais vraiment besoin pour la réunion… J'ai aussi besoin, s'il n'y a pas d'inconvénients, que tu mettes sur la liste des adresses SALVAREZCORP@aol.com pour qu'ils reçoivent les nouvelles de l'Assemblée. Un gros bisou, Carmen

Ayant montré une vidéo filmée le samedi 12 janvier, où l'on voit Marta Beatriz Roque Cabello dans le cybercafé de l'hôtel Comodoro, en train de transmettre ses courriers électroniques, Barredo a affirmé que nul ne pouvait nier qu'il s'agissait bien de cette personne, car les enquêteurs ont été assez minutieux pour prélever ses empreintes digitales sur le verre et l'ordinateur utilisés par la contre-révolutionnaire.

www.granma.cu

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