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Des millions de Cubains fêtent la Journée internationale du Travail

Erwin Carpentier

Le soussigné a eu le privilège d'être présent, il y a un an, sur la Place de la Révolution à la Havane, et de voir défiler des centaines de milliers de Cubains à l'occasion de la Journée du Travail. Ensemble avec des centaines d'invités internationaux, j'étais témoin des capacités d'organisation et de l'enthousiasme révolutionnaire de nos amis cubains. J'avais le sentiment que fêter le 1er mai à la Havane donnait un coup d'énergie révolutionnaire. Dès lors, j'ai lu le reportage dans le Granma de la célébration du 1er mai avec une certaine nostalgie…

Cette année, on fête 50 ans de Révolution et 70 ans de la CTC, sous le mot d'ordre “Unité, fermeté et victoire de la Révolution”.

Partout à Cuba, des millions de personnes se sont emparées des rues pour manifester leur soutien à la Révolution et au socialisme. Des membres du bureau politique du Parti communiste cubain, du Conseil de l'Etat et du Conseil des Ministres étaient présents lors des défilés dans les diverses villes. Le premier défilé du 1er mai date de 1962, lorsque presque 2 millions de Cubains de tout le pays ont marché à la Havane pendant 14 heures (!). Un mois avant, ils avaient vaincu les mercenaires à Playa Girón.

La Havane accueillait également 1386 invités de 173 organisations sociales et syndicales venus de 61 pays. Raoul Castro était à la tribune, accompagné, entre autres, de Salvador Valdés Mesa, le secrétaire général de la coupole syndicale CTC qui traditionnellement ouvre la parade avec une allocution, avant que les centaines de milliers de manifestants marchent sur la Place de la Révolution et passent devant le monument de José Martí. Dans son discours, Valdés s'est référé à la fermeture réussie du processus électoral avec la constitution de la septième législature de l'Assemblée nationale et l'élection du Conseil de l'Etat sous la direction de Raoul Castro. Il a ajouté que des progrès modestes avaient été enregistrés dans les programmes sociaux prioritaires, bien qu'il reste encore beaucoup à faire.

Nous avons des défis énormes en face de nous ”, a-t-il dit , “ Le premier découle de nos propres insatisfactions de ce que nous devons faire pour développer le pays dans l'intérêt de tous. Nous connaissons les insuffisances et les défaillances, et nous avons défini notre orientation.

Il est d'une importance fondamentale de concentrer nos efforts sur la production et la productivité, notamment au niveau de l'alimentation. Nous devons augmenter la qualité de notre travail, particulièrement dans le domaine de la construction et des services à la population, la substitution des importations et l'augmentation des exportations.

Nous devons utiliser les ressources matérielles et financières de manière rationnelle, permettant d'économiser de l'énergie et des matières premières, de réduire les coûts et d'atteindre l'efficience économique nécessaire.

.Seul le travail créatif de nos travailleurs manuels et intellectuels pourra nous donner le bien-être matériel et spirituel auquel nous aspirons à juste titre. Le mot d'ordre est donc d'accomplir notre devoir avec discipline et organisation, fermement uni sous la direction du Parti.

Nous devons mener une lutte acharnée contre le manque de discipline, les infractions aux normes et tout comportement délictueux et corrompu qui sapent l'intégrité de notre travail collectif.

En ce qui concerne cette dernière phrase, je lis dans ce même numéro du Granma des lettres qui illustrent la problématique. Il y a, par exemple, un ancien professeur qui dénonce la pratique de professeurs à peine diplômés de donner des cours privés après les heures, contre rémunération bien entendu -au lieu de veiller à ce que les élèves reçoivent les cours nécessaires pendant les heures normales. Un autre lecteur raconte comment, il y a quelques années, il voulut acheter un lit dans un magasin, dont des employés lui proposèrent de livrer le lit à domicile avec une réduction de 30% et « avec garantie » -mais sans reçu… Ou encore l'histoire des colporteurs qui achètent des journaux et magazines en gros pour les revendre à un prix plus élevé.

Valdés s'est aussi référé au contexte international: « Nous vivons des temps compliqués qui ont un impact sur nous tous. L'augmentation galopante des prix de l'alimentation et du carburant s'unit aux effets du changement climatique et des centaines de millions de personnes sont menacées de la famine, outre les guerres et les conflits sur tous les continents.

Parfois nous oublions cette réalité qui détermine notre quotidien, outre, dans notre cas, la politique obsédée et hostile, sur tous les terrains, de l'empire contre Cuba. Personne ne nous intimidera ou nous fera reculer dans notre détermination de construire le socialisme. »

On n'oublie pas les cinq anti-terroristes, détenus déjà presque dix ans dans les prisons des Etats-Unis : « Nos Cinq Héros sont un exemple de la volonté inflexible de notre peuple de résister. En ce 1 er mai, nous envoyons un message de soutien, d'encouragement et d'engagement à Gérardo, Antonio, Ramón, Fernando et René. »

Finalement, Valdés envoie ses salutations fraternelles, prolétariennes et internationalistes à tous les travailleurs et peuples du monde qui se battent pour un monde meilleur et qui soutiennent Cuba. Et de conclure avec la réaffirmation de la détermination de poursuivre le chemin tracé par Fidel pour un socialisme toujours plus juste, plus humain et plus efficace. »

Un message qui recevra sans doute un accueil favorable aux innombrables rassemblements en Belgique et dans le reste du monde.

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