|
Voyage avec Gustav & Ike
Jasper Rommel
A notre arrivée à la Havane l’ouragan Gustav venait de passer sur Cuba. En témoignaient des arbres arrachés ici et là. Mais les dégâts ne me semblaient pas trop important. Jusqu’à ce que je vis et entendis les récits sur la province Pinar del Rio et de l'Isla de la Juventud.
Il y avait des dégâts très importants, un grand nombre de maisons réduites à un tas de pierres, énormément de misère humaine. Aux journaux télévisés nous pouvions constater l’entraide des habitants des cités ainsi que le travail des électriciens qui travaillait 24/7 et ont fait en sorte que l’électricité refonctionnait après quelques jours !
Nous pensions passer des vacances sans soucis, puisque juste avant notre arrivé Gustav venait de passer sur l’île. Mais c’était sans tenir compte de Ike…
A peine 8 jours plus tard, le nouveau ouragan encore plus terrible que le précédant arriva. De l’extrême pointe à l’est jusqu’à l’extrême jetée de pierre à l’ouest toute l’île était en phase d’alerte. Tout Cuba fut atteint.
Ike était l’unique sujet de toutes les conversations.
Heureusement pour nous, nous étions à Cienfuegos, la ville qui a la moins souffert. Malgré que le centre de l’ouragan se trouvait à environ 30 kilomètres de la ville, des fortes pluies et vents ont secoués la ville plusieurs jours.
Que représentait la part de l’ouragan sur nos vacances ? Nous avons été obligés de rester calfeutrés à l’intérieur de la maison. La propriétaire de la ‘Casa particular’ nous rappelait presque toutes les heures qu’il fallait absolument pas sortir de la maison’. Au moindre doute elle aurait très certainement barricadé notre porte…
L’ouragan était bien entendu notre unique sujet de conversation à tous, et lorsque l’électricité rendit l’âme, nous empêchant bien entendu de suivre les nouvelles à la télévision, la propriétaire des lieux alluma une petite radio fonctionnant sur piles afin de continuer à suivre les toutes les dernières nouvelles.
Grande a été notre stupeur d’apprendre qu’il y avait 4 morts à Cuba. Cela n’était jamais arrivé. Quand notre propriétaire entendit la cause des ces morts, elle commença à maugréer : ‘’Notre gouvernement s’évertue à évacuer 2 millions d’habitants et 2 idiots ne trouve pas mieux que de monter sur leur toit pour descendre leur antenne de télévision’’. Ils ont été l’électrocutés. Une troisième personne ayant refusé d’être évacuée, est morte dans les gravats dû à l’écroulement de sa maison. Une quatrième est morte quand un arbre emporté par l’ouragan se soit écrasé sur le toit de sa maison.
Ce que notre logeuse – et beaucoup de Cubains – ne comprenaient pas du tout, c’est que malgré des mesures drastiques du gouvernement il y a eu malgré tout des victimes. Elle comprenait encore moins mon compagnon de voyage anglais qui nous expliquait qu’il y avait eu en Angleterre peu de jours auparavant 14 victimes dans une inondation importante et que le gouvernement n’avait pris aucune mesure préventive.
Les Cubains devaient certainement penser : Bizarre ces Anglais,…
Lorsque le courant fut rétabli et que nous pouvions regarder la télévision nous nous sommes enfin rendu compte de la gravité de la situation.
Gibara, une petite ville de pécheurs où habitaient des amis, était rayée de la carte. A Moa les vagues avaient déferlé jusqu’au 5eme étage des buildings. Ciego de Avila était totalement évacué. A Pinar del Rio et à Isla de la Juventud, ou Gustav était déjà passé il y a 8 jours, il y avait, à nouveau, des dégâts énormes, et la protection civile, la population locale et les techniciens travaillaient jours et nuit à la reconstruction de leur ville.
Ce qu’y était remarquable c’était l’organisation sans accros des Cubains, ceci aussi bien avant, pendant, qu’après l’ouragan.
Rien ne montre que l’on voyage dans un pays du tiers-monde.
A Cuba pas de scènes catastrophiques comme à Haïti, où toute la population est dans l’attente de l’aide alimentaire distribuée par des puissances étrangères. Pas d’enfants comprimés par d’autres habitants contre des barrières garnies de fils barbelés parce qu’ils veulent être le plus près possible des points de distribution des vivres.
Il y a eu un grand soutient international pour Cuba. Les vivres et médicaments venant entre autre du Venezuela, Brésil, ainsi que des Nations Unies ont été distribués par les autorités locales cubaines.
Des temps difficiles attendent Cuba.
Les dégâts économiques sont gigantesques: ils sont évalués à 3,5 milliards d’euros. De plus les récoltes sont anéanties, ainsi que beaucoup d’habitations, industries,…
Vu qu’à Cuba toutes les entrées financières et toutes les pertes sont réparties à toute la population, ainsi la personne dont la maison est restée intacte, partagera comme tous les conséquences financières du passage de l’ouragan.
Certains produits seront encore plus difficiles à obtenir, ou coûteront plus cher au marché noir.
C’est pourquoi je soutiens l’ICS qui fait un appel pressant pour faire des dons à Cuba. C’est un peu une manière d’adoucir les difficultés des Cubains et soutenir leurs efforts de reconstruction.
Soutenez Cuba.
Trad: Marc Lemaire |