Cinéma cubain OriginesComme au Mexique et dans toute l'Amérique Latine, après son invention le cinéma n'a pas tardé à faire son apparition également à Cuba. Début 1897, un peu plus d'un an après leur première projection publique à Paris, les frères Lumière projettent déjà leurs films à Cuba. Avec la bénédiction du gouvernement espagnol, toutefois sous la condition que le programme contienne aussi des courts métrages de propagande sur la mère patrie espagnole! Un an plus tard, quand en 1898 l'Espagne perd ses dernières colonies (Cuba, Porto Rico et les Philippines), l'américain Thomas Edison envoie son représentant à Cuba afin d'y écouler ses produits. A partir de ce moment, et cela pendant plus d'un quart de siècle, des firmes européennes et américaines luttent pour le marché du film à Cuba. Une bataille finalement gagnée par Hollywood. On a parfois dit qu'en ce qui concerne le cinéma le Cuba d'avant 1959 était un pays vierge. Or, avant même la révolution, Cuba était en toute l'Amérique Latine le pays connaissant, proportionnellement, le plus vaste public de cinéma: sur les 7 millions d'habitants d'alors, plus d'un million et demi de visiteurs par semaine! Mais ce public est principalement alimenté par les produits les plus médiocres de Hollywood. En 60 ans, environ 150 films ont été tournés à Cuba (ce qui n'est pas beaucoup, après la révolution Cuba produira la même quantité de films en moins de 20 ans) et leur niveau est au mieux pittoresque et folklorique. Mais souvent c'est pire. Ainsi, en 1953, à l'occasion du 100ème anniversaire de la naissance du héros national de l'indépendance de Cuba, une coproduction mexico-cubaine est mise sur pied, qui réussit à présenter José Marti non pas comme un penseur, écrivain et révolutionnaire, mais comme une espèce de Don Juan ambulant. Et juste avant la révolution Cuba était devenu le spécialiste d'un genre cinématographique, à la technique parfaite, en scope et en couleurs, mais il s'agissait de cinéma pornographique! ICAIC Cuba a connu une extrême dépendance néocoloniale des USA. Cela vaut aussi pour son cinéma et les cinéastes ont dit qu'une révolution au cinéma n'aurait pas lieu avant que la société elle-même connaisse une révolution. Le 1er janvier 1959 cette révolution est un fait. Durant l'insurrection l'armée des rebelles dispose déjà de Cine Rebelde, mais à la fin du mois de mars est fondé l'ICAIC (Instituto Cubano del Arte y Industria Cinematográficos). Nous sommes à peine six semaines après que Fidel Castro est devenu premier ministre. Les changements sociaux radicaux ont toujours leur influence sur la vie culturelle et l'histoire à montré maintes fois comment des révolutions faisaient progresser les arts, le cinéma inclus. Mais dans le cas de Cuba il est tout de même remarquable avec quelle hâte les dirigeants révolutionnaires ont oeuvré. Et, surtout, quelle importance ils donnent au cinéma en tant que moyen d'éducation culturelle. Si je ne me trompe pas, la loi du 24 mars 1959, par laquelle l'ICAIC est fondé, aurait en effet été le premier acte culturel majeur du gouvernement révolutionnaire! Un art et une industrie Arrêtons-nous un instant auprès de cette loi. La longue liste des considérations introduisant la loi débute de la façon suivante: "Le cinéma est un art". Immédiatement suivi par: "Le cinéma constitue un instrument de formation de la conscience individuelle et collective pouvant contribuer à approfondir et à rendre plus transparent l'esprit révolutionnaire ainsi qu'à épauler son élan créateur". Ce qui démontre que la révolution veut quitter les voies du commerce vulgaire ("le cinéma est un art") et de l'aliénation culturelle. Mais pas nécessairement pourquoi, parmi les arts, il y aurait lieu d'attribuer un rôle si important au cinéma en particulier. On sait en effet que les cubains ont déployé des efforts importants en d'autres terrains artistiques. Sous leur impulsion, la littérature a connu un essor important, ce dont par ailleurs beaucoup d'écrivains latino-américains ont pu profiter (Cuba éditant leurs livres, etc.). Mais la dernière considération de la loi formule on ne peut plus clairement comment les dirigeants cubains envisagent le média spécifique du cinéma et quel rôle ils y attribuent: "Le cinéma est le moyen le plus puissant et suggestif d'expression artistique et de divulgation ainsi que le véhicule d'éducation et de vulgarisation des idées le plus direct et répandu". Cela peut paraître une évidence (dans le monde entier, tant de gens regardent tous les jours le cinéma ou la télévision), mais cela ne l'est pas! Parce qu'en ces temps de "reality TV" le cinéma et la télévision ne sont que considérés en tant qu'"entertainment". Ne sollicitant nullement à poerter une réflection sur quoi que ce soit, nos médias nous incitent à une espèce d'hystérie collective, tandis qu'ils nous ingurgitent de toutes leurs valeurs voyeuristes et bourgeoises. Si pour les cubains le cinéma est un art, ils ne sont pas davantage des rêveurs utopistes et ils savent parfaitement que le cinéma est également une industrie. La loi portant création de l'ICAIC ne vise donc pas seulement des objectifs artistiques et politiques, mais également un but économique: "Les films constituent une source de devises. Non seulement par leur distribution et par leur vente, mais également en faisant connaître les réalités et richesses de notre pays et en favorisant le tourisme". La promotion du tourisme ne date donc pas d'aujourd'hui! Cine Movil Dès sa fondation l'ICAIC entame ambitieusement sa tâche et l'intention est de produire sur une première période s'étalant juqsqu'à l'année 1965 une quinzaine de longs métrages. Comme nous l'avons dit, le cinéma connaissait à Cuba un vaste public, mais cela ne signifie nullement que tous les cubains vont au cinéma. En fait, toutes les salles étaient concentrées dans les villes et l'ICAIC veut remédier à cet état de fait. A l'aide de cinémas mobiles, montés sur des camions, la campagne en premier lieu est parcourue et après un premier an de travail 2 millions de gens sont ainsi atteints! En 1967, un documentaire, "Por Primera Vez" (pour la première fois), a même été fait d'une telle projection par les unités mobiles de l'ICAIC. Située dans la région de Baracoa, à l'extrémité orientale de l'île, la dite projection avait lieu pour un public de paysans, qui jamais auparavant dans leur vie n'avaient vu de film. On leur donnait à voir "Modern Times" de Chaplin et dans le documentaire, ne durant que 10 minutes, les paysans interrogés décrivent leur expérience comme étant quelque chose de très beau et important, ainsi qu' "una fiesta". L'ICAIC envoie ses cinéastes confirmés et futurs à la campagne. Non seulement pour élargir la distribution des films, mais également afin de découvrir la campagne et de filmer sa vie. Et cette option aura beaucoup de conséquences pour les cinéastes eux-mêmes. Car les cinéastes cubains sont traditionnellemnt issus de la ville et des classes aisées, de sorte que leur contact avec les paysans consiste pour eux en une prise de connaissance avec une réalité, dont ils ne soupçonnaient même pas l'existence. Ce qui résulte en une importante prise de conscience et à Cuba aucun secteur artistique autre que celui du cinéma aurait connu cela avec une telle envergure. Pour les cinéastes cette expérience est plus ou moins comparable à celle des dizaines de milliers de citadins qui, en 1961, sont partis alphabétiser le pays. L'on dit aussi qu'à Cuba le monde du cinéma a abandonné bien plus rapidement la tendance traditionnelle de l'intellectuel et de l'artiste à se replier sur soi-même, bien plus vite par exemple que celui des écrivains. Très vite le monde du cinéma a adopté l'attitude de prendre contact avec la réalité. La première génération des cinéastes a d'abord surtout fait des documentaires, mais le même parti pris de ne pas partir de théories abstraites mais de la pratique a persisté quand ils se sont mis à faire de la fiction. Et je pense qu'aujourd'hui encore il y a suffisamment d'exemples de films cubains étant aussi bien populaires et distrayants qu'éducatifs. Citons par exemple "Lista de Espera" (Juan Carlos Tabío, 2000). Le Che et Fidel Une autre caractéristique du cinéma cubain est qu'il ne craint pas de pointer du doigt tout ce qui ne marche pas dans la société cubaine. Souvent de façon ludique, mais tout en allant vers le fond des choses. Certains films s'attaquent aux envers de la vie à Cuba, mais à l'arrière-fond il y a bien souvent la volonté de provoquer la discussion et la polémique. Dans le cas de "Fresa y Chocolate" cela se faisait avec une telle âpreté que l'on pouvait se demander si l'enfant n'était pas jeté avec l'eau de bain. Tout en trouvant le film irrésistible lors d'une première vision, au premier abord j'ai moi-même pensé qu'idéologiquement il voulait en fait saper le socialisme à Cuba ... Comme l'on sait le film se termine par l'homosexuel Diego voulant quitter le pays, ce qui ne paraît donc guère positif pour Cuba. Mais en regardant le film au plus près on s'aperçoit que le jeune communiste David sort renforcé du récit, n'est-ce pas? Il y a probablement aucun film cubain qui a autant été montré à l'étranger - jusque sur nos chaînes de télévision - et on nous dit alors quasimment à chaque coup qu'il faut voir le film comme étant une espèce de prise de position contre le régime. Mais une fois qu'on a vu un certain nombre de films représentatifs cubains de ces 40 dernières années, on réalise que l'esprit polémique n'a pas débuté avec "Fresa", mais que dès les débuts du cinéma cubain cet aspect était déjà présent. Une telle pratique ne tombe pas du ciel. Malgré le fait que je n'ai pas suffisamment étudié la question, je voudrais tout de même donner quelques éléments suceptibles d'expliquer l'une et l'autre chose. Il y aurait certainement lieu d'en dire davantage sur les points de lutte et de débat entre les cinéastes cubains durant les 40 années écoulées, mais en même temps on peut affirmer qu'ils n'ont pas lieu dans le vide. En effet, ceux-ci se produisent au milieu du procès révolutionnaire à Cuba et il me semble qu'il y a un lien évident entre cette attitude polémique et celle des dirigeants révolutionnaires, qui ne craignent pas davantage d'appeller les choses par leur nom. Ainsi, en 1964 on demande à Che Guevara de livrer par l'écrit sa contribution à l'histoire de la lutte passée et de l'insurrection contre le dictateur cubain Batista. Ce qui deviendra ses "Souvenirs de la lutte révolutionnaire" et dès le début il y demande que d'autres les complètent en n'omettant rien de la stricte vérité. Plus spécifiquement en ce qui concerne la première et désastreuse confrontation avec les troupes de Batista, immédiatement après le débarquement à Cuba avec le bateau déglingué le Granma. Signifiant ainsi qu'il veut la description la plus nue du tout premier noyau de ce qui deviendrait plus tard l'Armée des Rebelles. Lui-même décrit évidemment les victoires, mais il en fait autant des contrecoups et de tout ce qui foirait dans les propres rangs. Rien ne nous est épargné: les embuscades ratées, les fusils ne tirant pas au moment décisif, ... ainsi que les faiblesses dans la conscience des guérilléros, les désertions et la trahison pure et simple inclues. Un autre dirigeant historique, toujours vivant, est Fidel Castro et celui-ci vaut à ce niveau bien le Che. A Cuba, en de nombreux lieux où passent des touristes et étrangers, l'on peut trouver le livre "Revolución Cubana - 40 grandes momentos" (qui existe probablement également en anglais). Une passionnante anthologie, non pas des grands textes théoriques ou écrits comme les "Souvenirs de la guerre révolutionnaire" du Che, mais provenant à chaque fois d'interventions ponctuelles, d'appels en 40 moments importants (le dernier texte concerne la visite du pape en 1998, reprenant les discours d'aussi bien Castro que du pape). Dans ce livre j'ai trouvé quelques passages remarquables dans le discours tenu par Castro le 8 janvier 1959 lors de son entrée triomphale à La Havane. Après avoir déjà tenu devant le peuple de La Havane un discours depuis le Palais Présidentiel, suit la nuit, à partir d'une forteresse militaire, un discours qui est divulgué par la télévision et la radio dans tout le pays. Le souci de ne pas en rester à une simple alternance du pouvoir et de transformer la prise de pouvoir en une révolution y prime; Castro dit que ce n'est pas l'Armée des Rebelles qui a gagné la guerre, mais le peuple et que celui-ci doit pouvoir en porter les fruits. Apparemment cela ne suffit pas et il s'adresse directement aux combattants armés de la façon suivante: "La tyrannie est renversée, la joie est immense partout. Et pourtant, tandis que le peuple est en fête et se réjouit, nous autres sommes préoccupés. Car plus la joie du peuple est grande, plus notre responsabilité devant le peuple est grande. (...) Je le disais toujours au combattant rebelle: quand nous n'aurons plus d'ennemis devant nous, quand la guerre sera terminée, la révolution ne pourra avoir d'ennemis que nous-mêmes. C'est pourquoi nous serons plus sévères avec le soldat rebelle qu'avec quiconque, parce qu'il y va du triomphe ou de l'échec de la révolution. (...) La première question à poser à nous-mêmes, qui avons fait cette révolution, est celle-ci: dans quel but avons-nous agi, quelles étaient nos intentions? Car l'avenir de Cuba et celui du peuple risque de dépendre de notre examen de conscience". Des réfugies cubains à Madrid L'actuelle "période spéciale", une situation plein de contradictions, constitue un nouveau défi pour le cinéma cubain. Tout comme le pays connaît 2 monnaies (le dollar et le peso) la coproduction règne dans le cinéma! Une situation non pas sans dangers, surtout celle de dépendre de l'étranger, mais les cubains ont déjà prouvé qu'ils pouvaient faire face à cette situation. Si le pays n'est pour le moment pas en état de produire plus que quelques films par an, il y a tout de même régulièrement un film intéressant qui émerge et cela n'est pas une mince réalisation pour un petit pays du Sud. Même quand pour la coproduction la mise-en-scène est aux mains d'un réalisateur étranger, les cubains semblent tirer leur épingle du jeu et je pense ici tout spécialement à un film comme "Cosas que dejé en La Habana" (ce que j'ai laissé à La Havane) (Espagne 1998, Manuel Guttiérez Aragón). Un film qui peut, sous certains aspects, être considéré comme une espèce de suite de "Fresa y Chocolate". Le film raconte l'histoire de 3 jeunes femmes cubaines, qui quittant Cuba arrivent à Madrid et espèrent y trouver à présent la belle vie et un demi paradis. Le récit en est un d'une désillusion. Un logement exigu pour ceux qui comme elles ne sont que des immigrées. Une vie à moitié dans la clandestinité quand on ne dispose pas des papiers nécessaires, le chantage dans les réseaux de réfugiés, la vie chère, l'absence de solidarité ("ici, on met ses sentiments personnels de côté", leur dit un compatriote), un monde où tout est à vendre et rempli de combines pour faire carrière ou simplement pour survivre, ... Ainsi, rien ne semble correspondre à leurs hautes attentes. Le cinéma espagnol et l'Amérique Latine Dans toute coproduction il y à prendre et à laisser. L'Espagne est en Europe une puissance économique montante et en ce qui concerne le cinéma ce pays méne depuis le début des années 90 une politique systématique de coproduction. L'Espagne accède ainsi au marché du cinéma latino-américain avec 600 millions de spectateurs hispanophones, tandis qu'elle peut y faire usage des talents locaux (acteurs latinos, etc.). Et quand un film reçoit la nationalité "espagnole" - même si le réalisateur est latino - il ne tombe pas sous les quotas de protection nationale du cinéma en Espagne et il peut alors y être distribué sans problèmes. En de telles conditions, avec tous les compromis que cela implique, il n'est pas évident de montrer la face cachée de la diaspora cubaine, qui n'est vraiment pas belle. Mais apparemment même dans de tels films "espagnols" les cubains réussissent à faire passer leur point de vue. Car "Cosas que dejé en La Habana" se termine avec le couple Perrugorría et sa petite amie cubaine, qui veulent rentrer au plus vite possible à Cuba! Peut-être, une prochaine fois, pourrait-il être intéressant de programmer les deux films "Fresa ..." et "Cosas ..." ensemble? Malgré son succès en Espagne, "Cosas que dejé en La Habana" n'a chez nous été montré qu'à Bruxelles lors du festival annuel Cinémas d'Espagne & d'Amérique Latine (mais il est disponible en cassette vidéo et en DVD). Son réalisateur espagnol n'a pas le brio ni le talent qu'avait le vétéran du cinéma cubain Tomás Guttiérez Alea et celui qui s'attend à un numéro d'acteur de Perrugorría comme dans "Fresa y Chocolate" en restera sur sa faim. Néanmoins, "Cosas que dejé en La Habana" est un film coulant et léger (et sans doute plus subtil que je ne l'ai décrit ici). Pouvant séduire tout public et lui offrant en même temps un message à ne pas prendre à la légère. Le cinéma cubain aujourd'hui Il n'a pas que l'ICAIC pour assurer le rayonnement international du cinéma cubain. Il y a notamment près de La Havane, plus précisément à San Antonio de los Baños, une Ecole Internationale de Cinéma, Télévision et Vidéo. Cette école de cinéma est dirigée par Gabriel García Márquez, sans doute l'écrivain latino-américain actuellement le plus célèbre. Des étudiants en cinéma provenant surtout de l'Amérique Latine, d'Asie et d'Afrique viennent apprendre ici leur métier; il y a des cours au niveau de base, intermédiaire ou avancé. L'école semble tellement réputée que même des cinéastes provenant de l'Espagne viennent y suivre un apprentissage. Le film "Solas", qui a gagné en l'année 2000 le grand prix au Festival du film international de Bruxelles, est de Benito Zambrano. Un andalousien, qui apparemment a eu des difficultés à trouver sa voie en Espagne et est d'abord venu étudier durant 3 années le scénario et la mise-en-scène à l'ecole internationale à Cuba. Son film n'a par ailleurs rien à voir avec Cuba et je ne me prononce pas sur le fait si ce prix à Bruxelles était mérité. Mais le fait est sans doute indicatif pour le niveau de l'enseignement du cinéma à Cuba. Réaliser aujourd'hui un long métrage à Cuba n'est pas une sinécure et on ne doit pas s'attendre à ce que cela changera de si tôt. En la matière tout triomphalisme est déplacé. Il devrait néanmoins être clair que, malgré tous les problèmes de la "période spéciale", le cinéma cubain n'a pas dit son dernier mot. Cuba ne connaît pas du tout l'effondrement actuel du cinéma de l'ancienne Union Soviétique et de l'Europe de l'Est. Bruno Bové, 12/11/2002 D'après une conférence tenue à la Fête de Solidarité de Kermt (Hasselt, Belgique) le 4/2/2001. SOURCES PRINCIPALES:
L'auteur est membre de l'équipe organisant l'annuel "Afrika Filmfestival" à Leuven (Louvain, Belgique); il est aussi l'auteur d'une série (déjà 22 articles) sur la vie et l'oeuvre du cinéaste soviétique Sergueï Mikhaïlovitch Eisenstein dans la revue trimestrielle (néerlandophone) "CineMagie". |