Intervention de Katrien Demuynck Chers amis, chers camarades, Au nom de mon organisation Initiative Cuba Socialista, je veux remercier Les Organisateurs de ‘Cuba haut et fort' pour l'invitation à cet évènement important. Si vous me le permettez, je veux d'abord dire quelques mots sur l'explosion sociale des derniers jours dans la région parisienne et dans le reste de la France. Ces événements se répercutent, à moindre échelle, dans quelques villes en Belgique. Il s'agit d'abord d'une crise sociale très grave et profonde. Cette crise a suscité une crise politique qui menace maintenant la légitimité de toute la classe politique qui partage la vision de la société du tout au profit. Supposons mes chers amis, que cela se passerait à Cuba, qu'il y aurait dans l'île des incendies et des émeutes et que le gouvernement installait un couvre-feu à plusieurs endroits. Supposons cela. On dirait : « voilà la preuve que Cuba n'est pas une démocratie mais une dictature ; voilà la preuve définitive de la faillite du socialisme ». On lancerait sûrement des sanctions contre l'île, on en parlerait au Conseil de Sécurité des Nations Unis, et il serait même probable que la Maison Blanche considérerait une action militaire pour mettre fin à cette violence insupportable et pour rétablir l'ordre et les droits de l'homme. » Mais n'ayez pas peur. Cela ne se passe pas à Cuba. Bien que Cuba est un pays du Tiers Monde et qu'il ait beaucoup moins de moyens matériels, on traite les Noirs et les jeunes d'une toute autre façon que dans nos pays soit disant civilisés. Et s'il y a des problèmes ou des conflits à Cuba, on n'installe pas un couvre-feu et on n'envoie pas des policiers Robocops. A Cuba, il y a trente cinq milles travailleurs sociaux dont la tâche est de connaître et de résoudre les problèmes sociaux. Voilà la différence. Et c'est justement ce modèle social alternatif qui est agressé et attaqué par les Etats- Unis. Nous voilà en plein cœur du sujet de cette rencontre. Aujourd'hui il y a exactement 7années et deux mois que Cinq jeunes cubains ont été arrêtés à Miami. Leur délit : avoir combattu le terrorisme qui menaçait leur pays à partir des Etats-Unis. Comme exemple exceptionnel de solidarité humaine, les cinq ont été capables de sacrifier leur propre vie, de se séparer de leurs familles et de leur pays, pour infiltrer le pire de l'Empire : la maffia terroriste de Miami. Leur condamnation fin 2001 n'était autre chose qu'une insulte à la mémoire des victimes du 11 septembre 2001. Elle démasque ouvertement la double morale de l'impérialisme US dans sa prétendue « guerre contre le terrorisme». Le 9 août dernier, avec le verdict de la Cour d'appel d'Atlanta, la justice a pour la première fois été présente dans cette affaire. Mais immédiatement, nous avons été confrontés une fois plus avec les limites extrêmement étroites de la justice de l'impérialisme. L'acceptation par la Cour d'Atlanta de l'appel du procureur contre le verdict du 9 août - fait qui est inspiré uniquement par la volonté de faire mal à Cuba et ainsi de prolonger le plus possible la souffrance des Cinq et de leurs familles - contraste fortement avec le traitement appliqué au cas de Posada Carriles. Ce terroriste internationale est responsable entre autre de l'attentat contre un avion en plein vol qui a causé la mort de 73 personnes, ainsi que des attentats contre des installations touristiques cubaines, causant la mort du jeune italien Fabio di Celmo. Posada Carriles - il faut attirer l'attention sur ce fait - n' est pas inculpé pour terrorisme mais pour présence illégale aux Etats-Unis. Il y a quelques jours, le Département de Sécurité Territoriale – une structure avec un budget colossal, destiné prétendument à protéger les citoyens des Etats-Unis des attentats terroristes - a laissé passer le délai pour faire appel à la décision du juge Abbott, chargé des questions d'immigration. Pendant que les Cinq combattants contre le terrorisme souffrent une détention injuste, cataloguée d'arbitraire par un groupe de travail de la commission des Droits de l'Homme des Nations Unies, le cas d'un terroriste recherché internationalement est mis aux oubliettes par le gouvernement de l'Etat, qui prétend combattre le terrorisme au niveau mondial. Je pense que je peux parler au nom de tous les présents en confirmant que nous sommes résolus à participer activement à la campagne pour la libération des Cinq jusqu'à obtenir la victoire finale. En Europe nous avons déjà obtenu quelques résultats. Le 12 septembre dernier, septième anniversaire de la détention des Cinq, ont été organisées des actions en Suède, en France, en Irlande, au Royaume Uni, en Autriche, au Danemark, en Allemagne, en Espagne et en Belgique. Un grand travail a été réalisé pour faire connaître le cas des Cinq. Récemment, à l'occasion de la visite de Irmita González, fille de René, en Belgique, 50 députés européens ont signé l'appel international destiné à Monsieur Gonzáles, ministre de la Justice des Etats-Unis. Des parlementaires d'Allemagne, d'Irlande, du Royaume Uni, de France, de Grèce, de Belgique se sont déjà exprimés pour que justice soit rendue aux Cinq. Nous avons rallié des prix Nobel à prendre position en faveur des Cinq. Sûrement ce résumé n'est pas complet. Mais ce qui nous manque avant tout est une plus grande coordination dans nos actions. Nous devons utiliser mieux les rencontres européennes existantes, c'est à dire la manifestation en mars devant la commission des Droits de l'Homme à Genève, les rencontres européens du mouvement de solidarité avec Cuba et le Forum Social Européen pour délibérer nos campagnes. Nous devons échanger nos expériences et apprendre de nos meilleures actions. En plus, l'e-mail nous donne toutes les possibilités pour unir nos forces et travailler ensemble vers un même objectif. Actuellement nous avons deux grandes revendications. La première c'est la demande de liberté immédiate pour les Cinq. C'est inconcevable et inacceptable que trois mois après qu'une Cour américaine annule leur sentence et juge les charges contre eux non fondées, ils restent enfermés dans des conditions inhumaines. Actuellement ils sont les otages de l'impérialisme américain, comme l'a bien dit le président du parlement cubain Ricardo Alarcon. Nous voulons mettre fin à cette situation. Nous devons intensifier notre travail de sensibilisation de l'opinion publique et de signatures à la lettre ouverte adressée au ministre US Gonzáles. La seconde grande revendication est la normalisation du droit de visite. Tous les problèmes de délai, de difficultés dans les procédures et de refus de visas doivent cesser. Les Cinq ont le droit de voir leur famille, leur épouses et leurs enfants. Je vous appelle a unir nos efforts pour atteindre nos buts. Gerardo, Antonio, Fernando, René et Ramón sont un exemple éclatant de la société cubaine basée sur le socialisme et l'internationalisme. C'est une société où il fait bon vivre pour tous les citoyens quelque soient leur origine ou leur race. C'est une source d'inspiration pour nous tous qui voyons la vague de répression et de racisme que connaît aujourd'hui l'Europe et les Etats-Unis. La prise en otage des Cinq est une gifle pour tous ceux qui luttent pour la paix et la libération dans le monde, pour les familles des victimes du terrorisme US en Irak, mais aussi pour les mères des plus de 2000 soldats américains morts en Irak. Nous demandons la libération des Cinq maintenant! Libérez les Cinq! Vive Cuba socialiste! |